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Un travail de médiation, entretien avec Thierry Perrigaud, Directeur général de l’association Rénovation.

Auteur : 18/10/2015 0 comments 744 vues

 

L’association Rénovation regroupe plusieurs institutions des champs médico-social et sanitaire en psychiatrie en Aquitaine.  

Comment le thème des prochaines journées de l’ECF résonne-t-il pour vous ?

Je trouve la notion de couple presque provocatrice parce que ceux qui accompagnent les personnes vulnérables sont avant tout des professionnels qui ont des compétences qui font appel à des diplômes auxquels nous sommes très attachés. La notion de couple dépasse cette notion de professionnalisme. Ceci dit, elle me parle particulièrement quand on va évoquer la profession d’assistant familial : les familles d’accueil sont prises dans des relations journalières, continues, avec des jeunes placés chez elles.

De manière plus globale, je voudrais souligner ce qui a évolué au sein du couple soignant-soigné : c’est la présence d’un troisième terme, la famille. Ce qui a changé c’est la place que l’on peut accorder aux familles des personnes que l’on accompagne.

Il pouvait arriver que l’on évacue la question avec le sentiment qu’elle n’était pas pour rien dans le fait que le sujet soit chez nous. Il faut qu’on travaille avec les familles et pas seulement dans le champ de la protection de l’enfance. Travailler avec le sujet ne veut pas dire ne pas prendre en compte cet entourage social ou familial.

Quel est votre point de vue sur la question du couple dans les institutions qui sont devenues mixtes ?

Nous devons permettre la construction de relations amoureuses entre patients accueillis par une même institution. Nous n’avons pas le droit de l’interdire. Après, toute la difficulté est de savoir comment y répondre quand cela arrive.

Rénovation a participé à la création de la Maison des adolescents à Bordeaux. On connaît la difficulté pour les professionnels de créer un lien de confiance avec l’adolescent. Quelle est la mission de la Maison des ados ? Pensez-vous qu’elle puisse jouer un rôle sur cette question ?

C’est un accueil inconditionnel des jeunes de 11 à 25 ans sous forme de permanences. Inconditionnel veut dire que l’on peut accueillir des personnes qui passent une porte d’un lieu qui n’est pas affiché comme un lieu de soin. Cela permet à des ados de venir un peu librement, à des familles aussi. Une famille qui rencontre des difficultés éducatives classiques. Une famille avec un ado qui n’y arrive plus et qui voudrait avoir un conseil personnalisé, une écoute. Mais la mission disons cachée de la Maison des Ados, c’est justement de pouvoir accueillir des situations un peu plus lourdes, de plus grandes détresses. Par exemple, un jeune qui s’alcoolise massivement régulièrement qui n’est pas inscrit dans des réseaux de soin, qui se trouve en rupture familiale, peut passer cette porte de lui-même ou être orienté par l’école. Il pourra avoir une écoute et une accroche vers les soins. Il s’agit d’une structure de soin qui avance masquée sans l’étiquette psy affichée.

Ce qui nous intéresse avant tout c’est de raccrocher des jeunes et de pouvoir les orienter vers des réseaux spécialisés. La Maison des ados ne va pas remplacer les structures existantes. Son rôle est surtout de s’articuler, de se mettre en lien avec les partenaires pour faire un travail essentiellement de médiation. Par exemple, un jeune en rupture qui échappe à tous les circuits traditionnels, de la protection de l’enfance au soin dans les CMP ou en libéral, pourra passer cette porte de la Maison des ados et peut-être que quelques heures de rencontre vont faire qu’on va arriver à le faire cheminer et à l’orienter vers un CMP plus rapidement grâce à notre intermédiaire.

Propos recueillis par Stéphanie Morel

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