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Sexting, sextos et cyberbulling. La passion amoureuse à l’ère du réseau par Marga Auré

Auteur : 25/05/2015 0 comments 1007 vues

Il y a quelques jours à Madrid, devant une centaine de journalistes, politiques et représentants d’associations de femmes en lutte contre la maltraitance, le ministre espagnol de la Santé, Alfonso Alonso, la figure grave, écoutait les commentaires de la déléguée du gouvernement contre la violence de genre. Les résultats d’une énorme enquête sociologique réalisée à la demande du gouvernement de Mariano Rajoy étaient tombés. L’étude visait la façon de concevoir la violence et les mécanismes de contrôle au sein des couples chez les jeunes et les adolescents espagnols. Une enquête similaire, réalisée l’an dernier sur des personnes de toutes tranches d’âges, pouvait établir des données comparatives et les résultats étaient assez alarmants.

Un jeune espagnol sur trois considère acceptable, ou tout au moins inévitable que son partenaire contrôle ses mouvements, ses horaires, ses amitiés ou fréquentations, sa façon de s’habiller, ses photos et le contenu des messages de son portable. Les jeunes sont beaucoup moins critiques que leurs aînés en ce qui concerne les attitudes machistes au sein des couples. Ils rejettent avec plus de force tout ce qui concerne la violence physique, mais ils sont moins aptes à identifier quelques formes de violence déterminées, notamment celle qui concerne le contrôle du partenaire, qu’ils ne considèrent nullement comme une ébauche d’agression.

Les jeunes espagnols sont habitués à contrôler leurs partenaires sur les réseaux sociaux sans y voir aucun problème. De même, ils sont tout à fait à l’aise avec l’application Google latitudes qui permet de savoir à chaque instant exactement où se trouve son ami(e). La plupart des jeunes ont été victimes d’attaques ou d’insultes sur leur téléphone mobile de la part de leur partenaire. Ils sont plus tolérants à cette forme de violence de type machiste qui se développe comme une nouvelle modalité de maltraitance : le cyberbullying ou cyber-harcèlement, notamment chez les couples qui ont pratiqué le sexting et les sextos[1].

Sans y voir une relation directe à la violence machiste, la plupart des jeunes espagnols considèrent que la jalousie est l’expression de l’amour ; tandis que les adolescentes espagnoles considèrent que c’est l’amour qui les fait être dans la passion.

Lorsque l’homme, brutalisé par le détail de son fantasme, malmène une femme comme fétiche (petit a), il parvient à trouver en elle, folle amoureuse, son partenaire-sinthome. Ne pourrions-nous pas lire dans cette enquête une sorte de ravage féminin sans limite, pour le meilleur ou malheureusement pour le pire, de ce qu’un homme peut être pour une femme ? Ou alors, l’enjeu n’est-il pas ce qui a été déjà décrit comme un os de jouissance et comme le secret du soi-disant masochisme féminin : l’érotomanie ?

[1] Testos en espagnol. SMS à contenu sexuel, avec des photos compromettantes de l’intimité du couple, souvent rendues publiques lors de séparations.

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