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Samba : l’accord au regard près, par Angelina Harari

Auteur : 08/11/2015 0 comments 510 vues

Les Écoles de Samba du Brésil, issues du travail des communauté locales, sont la vitrine majeure du Carnaval brésilien.

On y danse et on y chante la samba, avec chaque année un thème différent ou une histoire particulière. Il y a de multiples critères d’évaluation utilisés par un jury d’experts pour décerner à chaque carnaval le Prix d’Excellence.

Entre autres critères, l’évaluation porte sur un couple, Mestre-Sala et Porta-Bandeira, qui exécute devant le jury une danse spéciale, avec une chorégraphie précise et des costumes de gala, des costumes du XVIIIème siècle enrichis des couleurs vives propres aux déguisements carnavalesques.

Le Mestre-Sala c’est l’homme qui l’incarne et la femme, Porta-Bandeira, est chargée de porter le drapeau de son École, avec les couleurs et les symboles qui la représentent.

Il n’y a qu’un seul couple officiel mais, depuis les années 90, pour les Écoles de la Division Spéciale de Rio, d’autres couples participent aussi aux défilés, trois ou quatre, parfois un couple d’enfants, pour représenter le couple officiel lors de certains événements.

Faire couple avec la Samba, historiquement parlant, c’était la fascination des esclaves envers les couples de nobles de la cour du Portugal, richement vêtus aux festivités carnavalesques. Plus tard, quand cette festivité fut adoptée à la « Senzala »[1], des couples d’esclaves se formèrent pour imiter, de façon grotesque, les Barons. Mais il y en a eu d’autres versions.

La danse doit montrer la plus parfaite synchronisation, l’un dépendant de l’autre, l’accord au regard près. Sans jamais déroger à cet accord parfait, c’est une danse harmonieuse, l’un pour l’autre, sans mouvement brusque qui pourrait attirer l’attention sur l’un davantage que sur l’autre, et surtout sans se tourner le dos.

Se tourner le dos en même temps symboliserait la dysharmonie du couple, le péché d’Adam sans la tentation d’Ève, le « pas de rapport sexuel » du couple symptomatique, et cela entraînerait une évaluation négative qui pourrait leur faire perdre, à eux comme à leur École, les points nécessaires au Prix d’Excellence.

Le couple de la Samba, jusqu’à aujourd’hui, garde cette allure de noblesse. Mestre-Sala s’occupe de la Porta-Bandeira, qui porte toujours les valeurs et la dignité de l’École qu’elle représente. Ce couple parfait va de pair avec le mirage carnavalesque !

Sites de référence : www.brasilescola.com, www.carnavalsp.com.br www.portelaweb.com.br

[1]   Senzala : la communauté que formaient les esclaves entre eux.

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