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Propos de Nice

Auteur : 05/07/2015 0 comments 742 vues

 

Lecteur (mon frère, etc.), tu auras rectifié de toi-même : il s’agit bien ici de propos, au pluriel, tenus depuis Nice. Mais le titre est un clin d’œil au film émouvant de Jean Vigo, À propos de Nice, où celui-ci se moque allégrement de la bourgeoisie locale et saisit sur le vif par de multiples portraits le petit peuple qui lui est cher aussi bien que les touristes.

On parlera dans cette carte blanche aussi bien de choses d’ici, que d’ailleurs. Mais le couple, entre coupole et copule, sera le thème ou le fil qui court. Il sera traité sous l’angle de la poésie (contemporaine), de la danse (non moins de notre temps), de la littérature et du cinéma et de la création sous ses diverses formes.

Rien d’étonnant à cela : Nice, malgré les caricatures qu’elle sait donner d’elle-même, à l’occasion, a depuis longtemps le charme cosmopolite qu’ont su graver en elle les étrangers venus pour sa lumière et ses couleurs : le bleu sans nuage de son ciel et celui de la mer qu’on ne retrouve pas ailleurs (autre Klein d’œil). Et quand on dit étrangers, on pense aux Anglais qui ont laissé leur nom à la Promenade ; aux Russes qui suivirent le Tzarevitch et érigèrent une église que le nouveau tsar de Moscou a su se réapproprier ; aux Juifs qui crurent, comme Eva Freud, y trouver le refuge qu’elle ne fut pas ; aux travailleurs immigrés, naguère parqués dans des bidonvilles, qui firent son actuelle prospérité.

Avec ces étrangers, l’art est entré dans la ville : même Jean Moulin fut ici galeriste ! On trouve donc la même veine, de l’Atalante, qu’accompagne la musique du niçois Maurice Jaubert, jusqu’au groupe Fluxus et à l’École de Nice. Ici, même les galets de la plage prétendent à l’art et à la notoriété !

Philippe De Georges

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