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Ni moraliste, ni omniscient

Auteur : 28/06/2015 0 comments 664 vues

La Cour suprême américaine a légalisé ce 26 juin le mariage homosexuel dans l’ensemble des Etats-Unis, au nom de l’égalité devant la loi. Cette décision historique nous rappelle la prise de position de psychanalystes en France pour refuser l’instrumentalisation de la psychanalyse au service du refus de la légalisation du mariage homosexuel (1).

Cette position tient à ce qu’un psychanalyste n’est pas lié à un engagement moral, qui prônerait une solution idéale : la même pour tous.

Qu’on lise et relise aujourd’hui et plus que jamais, ce que Lacan adressait à son auditoire dans les années 50, dans un rappel vibrant : l’expérience psychanalytique s’est engagée précisément d’un renoncement de toute prise de parti sur le plan du discours commun en matière de moeurs et de statut de l’individu dans la société. Elle s’en tient à un discours différent, à part, inscrit dans la souffrance et articulé dans ce qui nous échappe, les symptômes… Ce réel-là impose non pas une morale mais le cas par cas. Pourquoi un psychanalyste est-il porté à la réserve, s’il est sollicité pour donner un conseil ou une position, s’il vaut mieux ou pas se marier dans telle circonstance ?

« c’est parce que la signification même du mariage est pour chacun de nous une question qui reste ouverte, et ouverte de telle sorte que, quant à son application à chaque cas particulier, nous ne nous sentons pas en mesure de répondre lorsque nous sommes appelés comme directeur de conscience ». (2)

(1) Du mariage et des psychanalystes, La Règle du Jeu/Navarin/Champ freudien, janvier 2013.

(2) Lacan J., Le Séminaire, livre III, Les psychoses, Paris, Seuil, p. 152.

Christiane Alberti

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