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Liaisons impossibles dans l’oeuvre de Jean-Luc Godard, par Françoise Stark Mornington

Auteur : 08/11/2015 0 comments 535 vues

/Il n’a pas pu faire de nous… des humbles … /Qui ça ? /Ou pas su ou pas voulu. Alors il  a fait de nous des humiliés/. Qui ça ? / Dieu ! /

/Commençons par le commencement, les indiens apaches appellent leur monde, la forêt/.

/Aujourd’hui tout le monde a peur. / Petite fille, je voyais partout des chiens./ Cet après-midi est un rêve chacun doit penser que le rêveur c’est l’autre./  Je ne dis presque rien./ Je cherche la pauvreté dans le langage./

C’est en ces termes que J. L. Godard dans Adieu au Langage (2014) désigne l’objet du désir pour l’homme, en s’inspirant de la toile de Courbet, L’Origine du Monde. Entre les sexes, il y a un mur, celui du langage, qui rend cette rencontre aussi impossible que désirable. Un homme « libre », une femme « mariée », une dialectique du désir et de l’amour où l’être de l’homme présenté comme ravage se heurte à l’être de la femme pris dans des « expériences de corps ».

Le corps réel se réduit à l’étron. L’abîme qui sépare les deux sexes dévoile l’incompatibilité des désirs. Ici, la femme se donne une liberté sexuelle certaine mais elle montre sa déception, son mécontentement. « /Qu’est ce que je peux faire ? / Qu’est ce que je dois faire ? / Pierrot le fou (1966).

L’Autre homme peut être une solution. Mais s’il y a rencontre, mise en conversation, la violence éclate. « /On a envie de se toucher, mais on y arrive qu’en se tapant sur l’autre »/ Sauve qui peut (1979).

Le cinéaste capte sur le vif la quête d’un bonheur à travers un homme qui s’avère être impossible à apprivoiser, inaccessible. À la question « Que veut une femme ? », le cinéaste répond par la démesure. Ils ne s’entendent pas, ne se comprennent pas.

J-L Godard montre sa vision de l’Un tout seul. Exilé du désir de l’Autre, désarrimé, il erre dans une solitude absolue en lançant un cri de détresse condensé dans un sms : save my soul. Il interroge, demande un signe provenant de l’Autre. Un chien passe. Seul l’animal semble faire trait, lien, bord entre l’homme, la femme comme métaphore de la nature par le réel. Le cadrage convoque le regard du spectateur. La voix off désigne un nouveau mode de jouir du corps de l’Autre, le jouis du corps entre aboiements et pleurs d’un nouveau-né.

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