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La danse dans tous ses états, par Marie-Claude Chauviré-Brosseau

Auteur : 11/10/2015 0 comments 786 vues

En peinture

Lors d’une exposition de peinture au Printemps des poètes 2015 à Angers, j’avais remarqué un tableau de danseurs : la présence des corps et les jeux de couleurs me retenaient. L’artiste peintre, Micheline Oger, a bien voulu répondre à mes questions. Elle m’apprenait que depuis très jeune la nécessité de peindre s’était imposée à elle et sur différents thèmes selon des périodes : natures mortes, portraits, le bleu, la Loire et ses jeux de lumière qui la renvoient à son enfance, les nus féminins, la Bibliothèque municipale d’Angers, le noir…

Ces deux dernières années, Micheline Oger a peint des couples de danseurs de tango. Elle a suivi leurs soirées dansantes pendant de nombreux mois et elle traçait d’abord des croquis sur les lieux mêmes. Elle ajoutait ensuite éventuellement la peinture qui allait souvent au-delà du visible des formes ou des mouvements tracés. Parfois, elle ne peignait que le ressenti en s’émancipant de tout croquis ou forme de corps. Ainsi, dans L’instant de grâce, le regard du spectateur est happé par une silhouette masculine sombre regardant une femme évanescente entourée de traits d’autres femmes au cœur de nuages de couleurs vives.

Alors que dans le tango, les femmes sont mises en avant dans des couleurs lumineuses, avec la période « bibliothèque », les croquis des corps féminins viennent s’intriquer aux lettres des pages de livres, comme s’ils étaient eux-mêmes une forme d’écriture.

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À un mariage

En juin, dans Les Mauges, région au sud du Maine et Loire, se déroulait le mariage d’un neveu avec son amie de jeunesse, la trentaine tous les deux. Depuis 3 ans, elle pratique la zumba et elle en a fait une démonstration en ouverture du bal. Dans une chorégraphie sur le mode gym tonic et aérobic, elle dansait seule. Son mari tournait autour d’elle en la mettant en valeur mais il demeurait suffisamment présent pour rester un point de repère pour tous.

Ils ont bien voulu me donner quelques précisions.

Elle : « C’est à la fois une danse et un sport et après on est en forme ». C’est ce qui a fait la différence avec le foot qu’il pratiquait, lui, depuis tout jeune : après les matchs, il traînait avec les copains et ce n’était plus du tout la forme quand il rentrait auprès d’elle. C’est pourquoi il avait récemment choisi d’arrêter.

Au bal de ce mariage : un couple, la cinquantaine tous les deux, dansait si bien que je n’ai pas hésité à les féliciter et leur dire mon étonnement. Lui : « C’est notre plaisir depuis 10 ans. Au départ je n’étais pas trop pour. C’est elle qui m’a entraîné et depuis je suis devenu aussi passionné qu’elle ».

J’ai voulu en savoir plus. Ils m’ont ainsi fait connaître l’association Tic Tac Rock de la région choletaise du Maine et Loire. Tic Tac Rock fêtait en juin dernier ses 25 ans autour d’un grand dîner spectacle dansant. L’association fait des démonstrations lors de soirées et notamment à la fête de la musique, avec la présentation de chorégraphies de différents styles de rock. La télévision et les journaux locaux en ont donné de larges échos. Vous pourrez voir cela sur : http://www.tictacrock.fr/

Ce couple de danseurs travaille ensemble dans l’agriculture. La danse avec Tic Tac Rock est pour eux un plaisir et une ouverture vers un lien social convivial. Ils ont débuté avec treize autres couples et ils poursuivent ensemble depuis plus de dix ans pour améliorer leur technique et proposer des initiations et des chorégraphies de démonstration.

Elle : « C’est vivre une même passion avec d’autres en dehors du travail et de la famille. C’est aussi une mise en jeu sensuelle des corps à travers des codes bien précis… Et par rapport aux soucis plus ou moins difficiles dans la vie, c’est une ressource »

Lui : « C’est un piment en plus dans notre vie de couple ».

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