content detail

Écrire en couple, entretien avec Philippe et Catherine Nédélec

Auteur : 11/10/2015 0 comments 915 vues

Vous incarnez la figure angevine du couple qui publie des livres. Comment vous est venue l’idée de ce duo ?

Philippe : On s’est rencontré en 1994. J’avais 34 ans et Catherine 33 ans. Nous avons eu l’opportunité d’être associés à l’écriture d’un guide touristique sur l’Anjou. Cela a été notre première collaboration. Par la suite, j’ai écrit un roman qui a été édité en 1998. Puis, les éditions Ouest France nous ont sollicités pour la Collection « Itinéraires de découvertes ». Catherine a écrit les textes, et j’ai personnellement assuré la partie photos. Le livre L’Anjou entre Loire et tuffeau est sorti en 2001.

Sans titre2

En 2000, notre vie s’est transformée : nous sommes devenus les heureux parents d’une petite fille. Notre couple s’est recentré sur le bébé. Durant cette période, j’ai tout de même publié un recueil de nouvelles et un roman. Le duo s’est reformé en 2006 avec l’écriture de la biographie d’Hervé Bazin, Président de l’académie Goncourt.

 Sans titre3

Catherine : Il m’a paru intéressant de raconter la vie et l’œuvre de cette grande figure de la littérature.

Philippe : Pour cette biographie, on a tout fait ensemble : les interviews et les recherches à la Bibliothèque universitaire. On a épluché les archives et recueilli des témoignages. À la sortie du livre en 2008, la presse fut élogieuse. Les éditions « Ouest France » nous confièrent alors Le guide secret du Val de Loire. L’idée de ce livre a tout de suite enthousiasmé Catherine.

Sans titre4

Catherine : Oui, c’est l’histoire de l’Anjou à travers ses légendes, ses mythes et ses mystères. Ce qui m’intéressait, c’était leur importance dans des lieux divers.

Philippe : Ensuite, les éditions du Petit Pavé ont fait appel à nous pour un livre sur Brissac-Quincé, commune de la région angevine, ayant une riche histoire, avec ses Ducs et son château. C’est Catherine qui a conduit la recherche entièrement.

Catherine : Je ne suis pas historienne mais j’ai un grand intérêt pour l’écriture et la recherche… Avec Les Grandes catastrophes en Anjou, l’idée n’était pas de raconter des horreurs, mais d’expliquer l’évolution des choses, comme l’endiguement des épidémies à partir du Moyen Âge, avec notamment, la prise en compte de l’hygiène et la construction de fontaines dans les rues. C’est en cela que ce livre est un livre d’Histoire et non de faits divers.

Philippe : Catherine a en effet plutôt une logique d’historienne, et moi de journaliste ! Reste à savoir où mettre le curseur !

Rencontrez-vous des difficultés dans cet exercice en duo ?

Catherine : Cette collaboration nous oriente parfois vers de longues discussions parce que l’on n’envisage pas forcément la conception du livre de la même façon.

Sans titre5

Philippe : Malgré cela, Catherine et moi avons cette même sensibilité pour le patrimoine, l’environnement et le tourisme, et c’est très important pour nous.

Catherine : Oui, nous avons cette curiosité commune, cette envie de découvrir. On se complète parfaitement même si notre façon d’aborder les choses est différente.

Vous signez vos livres « Philippe et Catherine Nédélec », comment expliquez-vous ce choix ?

Philippe : Le projet est commun même si Catherine écrit et que je me charge des photos. Ce nom est notre marque de fabrique ; cela attire une certaine sympathie.

Catherine : Oui, le manque de distinction entraîne souvent un amalgame. Nous y perdons un peu notre identité. Et cela, je ne pense pas que ce soit bénéfique. Les gens croient que l’on écrit à quatre mains, ils ont l’impression qu’on fait tout ensemble. Or ce n’est pas le cas. On se complète seulement et je pense que c’est très important. Mais, il existe une grande différence entre nous : on n’écrit pas pour la même raison.

Que vous évoque cette notion de « Faire couple » ?

Catherine : De toute évidence, notre couple est au-delà de la création littéraire. Nous aimons être ensemble. La naissance de notre fille a été essentielle, et plus importante que tout le reste. Nous souhaitons lui transmettre notre enthousiasme, notre envie de créer. Être en couple, c’est une forme de soutien. C’est important dans la vie.

Philippe : Notre couple est solide. Il a un côté durable avec ou sans création littéraire. Si Catherine veut faire un parcours plus personnel, je peux aussi laisser la photo et me remettre à écrire d’autres genres d’ouvrages… Notre couple a pu cheminer à travers les livres et il peut continuer autrement.

Catherine : Oui totalement ! Pour nous, l’écriture est une somme d’expériences qui fait la richesse de notre couple. Mais notre couple repose sur autre chose, sur des valeurs encore plus fortes.

Propos recueillis par Nathalie Morinière

About author

Faire Couple

Website: